UN CERTAIN CINEMA

How to Have Sex, de Molly Manning Walker (2023)

Un Certain Cinéma

Lauréat du prix Un Certain Regard lors du dernier Festival de Cannes, How to Have Sex est captivant dès les premiers instants. Il nous emporte au cœur de rencontres envoûtantes qui tissent une histoire à la fois personnelle et universelle. 

Pour fêter la fin du lycée, Tara, Skye et Em, un trio inséparable, partent en voyage à Malia en Crète. Cette célébration, est marquée par des festivités sans limites où l’alcool coule librement, effaçant les frontières entre hier et demain. C’est dans ce ballet enivrant où les corps se rencontrent et se découvrent que Tara fait tout pour transcender son innocence charnelle. 

Le premier film de Molly Manning Walker opère une réinvention audacieuse du teen movie. En évitant les stéréotypes, le film offre une approche cinématographique plus mature et développée. Cette réinvention du genre témoigne d’une volonté de transcender les conventions pour proposer une vision plus nuancée et sophistiquée de l’expérience adolescente. Dû à ses acquis dans le documentaire, la réalisatrice adopte une approche plus authentique et privilégie la sincérité pour offrir une expérience cinématographique qui se distingue par sa proximité avec la réalité. 

Mais cette approche semi-documentaire est tout de même décevante. En effet le scénario est beaucoup trop lisse, il flotte à la surface et ne plonge pas assez dans les profondeurs. Les interactions entre les personnages sont peu riches, les motivations ne sont pas suffisamment explorées, et les événements semblent se dérouler de manière linéaire et prévisible. Le film peine à maintenir l’attention du spectateur, en effet, pendant 1h30 on attend un développement émotionnel qui nous entraînerait dans l’inattendu et la surprise, mais rien de tel ne se produit. Une fin nous laisse donc sur notre faim, laissant un sentiment d’inachevé, comme une histoire qui s’arrête abruptement. 

Le film doit donc beaucoup à son interprète principale, Mia McKenna-Bruce, qui incarne le personnage de Tara avec une intensité remarquable. 

Ce premier long-métrage, bien que perfectible, est incontestablement nécessaire. Il se distingue comme une œuvre féministe, explorant des thèmes cruciaux dans notre société post-#MeToo. Molly Manning Walker offre un regard percutant sur une génération en proie à la pression sociale et aux distorsions de la sexualité. Le film aborde de manière poignante la question de la virginité, soulignant les défis complexes auxquels les femmes sont confrontées pour préserver leur intégrité sexuelle, une intégrité souvent conditionnée par les actions et les choix des hommes dans leur vie. 

« La virginité est le plus riche trésor des filles, mais il est bien malaisé de garder longtemps un trésor dont tous les hommes possèdent la clé. » 

L’interprétation captivante de Mia McKenna-Bruce et la direction sensible de Molly Manning Walker font de cette œuvre un ajout significatif à la filmographie contemporaine.

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