UN CERTAIN CINEMA

[CRITIQUE] La Nuée, de Just Philippot (2020)

Quand des sauterelles deviennent un cauchemar… 
Entomophobes s’abstenir ! 

À l’approche de la sortie de son prochain long-métrage, Acide, intéressons-nous aux débuts du réalisateur Just Philippot à travers son premier film, La Nuée.
Virginie (Suliane Brahim), une agricultrice se tourne vers l’élevage de sauterelles pour sauver sa ferme et subvenir aux besoins de ses deux enfants qu’elle élève seule. Mais très vite elle tisse des liens étranges avec ses insectes et les conséquences deviennent rapidement incontrôlables et terrifiantes. 
Dans cette œuvre cinématographique unique, le réalisateur Just Philippot mêle drame rural et film fantastique. Un défi osé pour un premier film qu’il a relevé avec brio !  

Loin des films fantastiques à l’eau de rose, Just Philippot apporte une grande crédibilité dans ce récit surnaturel à la frontière entre l’humanité et la nature. Au travers des relations familiales le réalisateur parvient à poser un décor riche et crédible. En effet la véritable histoire réside dans la relation entre la mère et sa fille. Les insectes ne sont qu’une sombre toile de fond.

Mais cette toile de fond est elle aussi crédible. Le réalisateur ne met pas en scène les sauterelles comme des insectes tueurs assoiffés de sang, il fait naitre la peur et le malaise du comportement de la mère envers ses insectes. Un comportement malsain qui fait froid dans le dos (et c’est le cas de le dire…). Dans ce drame rural, Just Philippot prend le temps d’installer ses personnages avec soin pour parvenir à brosser le portrait actuel de la situation agricole. Avec le stress financier, la pression économique et le changement climatique, ce sont chaque jour des milliers d’agriculteurs et agricultrices qui tentent de sauver leurs exploitations se donnant corps et âmes pour y parvenir. Ce portrait actuel de la société ancre d’avantage le film dans cette quête de réalisme et de crédibilité. 

La performance magistrale de Suliane Brahim, la réalisation immersive de Just Philippot et l’esthétique sombre et envoûtante du film en font plus qu’une simple expérience cinématographique, mais une véritable médiation perturbante sur notre relation avec la faune et les conséquences de nos actions. 

À ne pas manquer pour les amateurs de films fantastiques !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *