UN CERTAIN CINEMA

[CRITIQUE] Le Garçon et le Héron, de Hayao Miyazaki (2023)

Le Garçon et le Héron

En 2013, à la sortie du Vent se Lève, Hayao Miyazaki, créateur du Studio Ghibli, avait annoncé sa retraite. Sept ans plus tard, le voilà de retour avec son nouveau film, Le Garçon et le Héron. Son ultime dernier film ? Pas vraiment ! Selon le vice-président de Ghibli, le réalisateur de 82 ans n’a pas encore épuisé ses ressources créatives et a encore quelques idées bien précises en tête.

Après la perte tragique de sa mère dans un incendie, Mahito, un jeune garçon, quitte Tokyo avec son père et s’installe à la campagne dans un vieux manoir. C’est là, dans cet écrin de mystères, qu’il fait la rencontre d’un héron cendré, qui deviendra son confident. Au fil de ses découvertes, Mahito s’enfonce dans un mystérieux voyage onirique, révélant ainsi les secrets du monde qui l’entoure, tandis que son fidèle compagnon à plumes devient l’oracle silencieux de son chemin.

Le Garçon et le Héron est un film brillant. Hayao Miyazaki dessine à l’écran des fresques aussi contemplatives qu’immersives. Les plans se fabriquent sous nos yeux comme des étendues d’harmonies, où la terre, la mer et le ciel dansent en communion.

Cette poésie visuelle transporte le spectateur durant deux heures dans un univers où le réel et le fantastique se fondent, faisant de chaque image un tableau. Miyazaki façonne ses histoires avec une précision artisanale, les détails sont soigneusement ciselés, les cadres deviennent des peintures vivantes, et les dialogues se chargent d’émotions et de sens. Le réalisateur puise dans la mythologie, la nature, la philosophie et la poésie pour construire des mondes parallèles où la magie et la réalité se mêlent. Il en profite également pour parsemer le récit de clins d’œil à ses films passés, une ode à son œuvre.

Ses personnages sont des archétypes riches et complexes, porteurs d’une humanité touchante, qu’ils soient humains, esprits de la nature ou créatures fantastiques. Certains sont même dotés d’une petite touche d’humour très attachante, qui anime le spectateur d’un rictus sincère, empli d’émotion. Une émotion amplifiée par la bande-son de Joe Hisaishi, fidèle compositeur de Miyazaki. Chaque note de musique, douce et délicate, effleure la sensibilité du spectateur qui vibre avec les personnages.

Le Garçon et le Héron, ne laisse aucun doute sur le talent incommensurable de Hayao Miyazaki. Ce film est une expérience cinématographique incroyable à ne pas manquer. Alors que l’avenir du maître de l’animation reste inconnu, une chose est certaine, le Studio Ghibli ne sera plus le même sans lui. Son influence indélébile reste gravée dans l’histoire du cinéma d’animation, il laisse derrière lui un héritage précieux.

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