UN CERTAIN CINEMA

Certains le haïront, d’autres le chériront, amateurs d’histoire ou historiens dans l’âme. Le nouveau film de Ridley Scott semble à première vue plus ou moins réussi.

Après Abel Gance, Sacha Guitry, Henry Koster, Yves Simoneau et bien d’autres, c’est au tour de Ridley Scott de dépeindre l’épopée napoléonienne. Dans celui-ci, Ridley Scott rappelle l’esprit visionnaire d’Abel Gance, à savoir réaliser une grande fresque historique qui raconte le récit d’un homme aussi vulnérable qu’impitoyable.

À la suite de la révolution française, Napoléon Bonaparte, interprété par Joaquim Phoenix, débute son ascension, de Général des armées à Empereur, en passant par Premier Consul, jusqu`à sa chute vertigineuse, le tout orchestré par sa relation intime et explosive avec Joséphine, le grand et unique amour de sa vie.

Il est essentiel de vivre pleinement l’expérience de ce film en s’abandonnant totalement, en se laissant envelopper par son atmosphère, et en se vautrant confortablement dans son fauteuil pour simplement se laisser guider à travers ce spectacle cinématographique grandiose et captivant. Certes, quelques inexactitudes historiques pourraient déranger les spectateurs pointilleux, mais il est crucial de les mettre de côté afin d’être emporté par le show. Les scènes de batailles, telles que celle d’Austerlitz, nous immergent très rapidement dans l’action et l’émotion à en faire disparaître ces erreurs.

Il est tout de même important de souligner qu’ici, Ridley Scott ne réalise pas un film didactique, mais une fiction. Il privilégie la liberté artistique plutôt que de suivre rigoureusement un véritable déroulé historique. 

Ridley Scott s’attaque à une figure riche et complexe de l’histoire. Ainsi, il a du mal à se saisir entièrement de son héros comme il l’avait si bien fait dans Gladiator (2000), et ne montre qu’un morceau, qu’une facette de celui-ci.

La musique n’aide pas. Elle manque un peu de force et peine à catalyser l’émotion. Certes, les chants corses montrent les racines de l’Empereur et jouent sur les cordes de la mélancolie, mais ne suffisent pas.

Le réalisateur d’Alien (1979) et de Blade Runner (1982) signe un film honnête qui s’inscrit parfaitement dans la lignée de ses précédents films historiques tels que Christophe Colomb (1992) ou encore Exodus : Gods and Kings (2014).

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