Le cinéaste allemand, Wim Wenders, âgé de 78 ans, opère un retour inattendu à la fiction avec son nouveau film, Perfect Days. Cette sortie survient à peine quelques semaines après la diffusion de son documentaire antérieur, Anselm : Le Bruit du temps, dédié à l’artiste allemand Anselm Kiefer. Cette juxtaposition d’œuvres offre une perspective intrigante sur la diversité créative de Wim Wenders.
Au cœur de Tokyo, Hirayama, interprété par Kōji Yakusho consacre ses journées à l’entretien des toilettes publiques. Derrière sa routine parfaitement orchestrée, il explore sa passion pour la musique et les livres, tout en capturant la beauté des arbres à travers son objectif. C’est à travers une série de rencontres inattendues que les mystères de son passé commencent à émerger des profondeurs.
Perfect Days offre une exploration délicate de la singularité énigmatique d’un homme, Hirayama, constituant le cœur battant du film. Tout l’impact de l’œuvre réside dans la personnalité de ce protagoniste atypique. Pendant deux heures, le spectateur est invité à partager le quotidien de Hirayama, découvrant et finalement appréciant sa nature profonde.
À première vue, ce dernier semble être un individu ordinaire, dépourvu d’intérêt particulier. Cependant, au fil du récit, sa véritable humanité se dévoile, révélant une compréhension silencieuse des autres et un sourire sincère qui dissimule bien des mystères. Bien qu’il soit évident qu’il ait une histoire passée jonchée d’empreintes de traumatismes, l’importance réside dans l’homme qu’il est devenu, l’homme qui par un geste, un regard, une larme nous émeut.
Tout cela n’aurait était possible sans Kōji Yakusho qui offre une interprétation magistrale, méritant ainsi le prix d’interprétation masculine décerné lors du Festival de Cannes.
Wim Wenders insuffle à son film une quête d’émotion, de poésie, de solitude, de vie et de temps. L’atmosphère qu’il crée est à la fois contemplative et poétique, capturant la beauté éphémère de la vie quotidienne. Les scènes urbaines, empreintes de mélancolie, se révèlent comme des tableaux mouvants. Les cadrages, soigneusement composés, confèrent une dimension picturale à l’ensemble de son film.
Par ailleurs, la sensibilité artistique de Wim Wenders se manifeste dans la réalisation de mouvements de caméra fluides et délicats. Leur rareté accorde une signification particulière, celle de capturer des instants simples mais profondément significatifs.
De plus, l’utilisation judicieuse de la musique renforce souvent l’émotion de ses images, créant une symbiose entre le visuel et l’auditif. Au fil de ses deux heures de film, nous croisons des artistes tels que Patti Smith, Lou Reed, Van Morrison ou encore les Kinks.
Porté par une réalisation exceptionnelle, ce film est un voyage poétique et émotionnel. Le spectateur est invité à plonger dans cet univers riche en nuances, où la rencontre entre le visuel, l’auditif et l’émotion atteint une harmonie captivante.
Perfect Days s’impose ainsi comme une expérience cinématographique mémorable, marquée par la parfaite maîtrise artistique et narrative de Wim Wenders.