Vincent doit mourir, le premier long-métrage de Stephan Castang, est un film qui vaut le détour non seulement pour sa liberté de ton, mais également pour la présence remarquable de Vimala Pons au casting, connue pour ses judicieux et quasi-irréprochables choix de carrière avec de grands réalisateurs français de notre temps tels que Peretjatko et Mandico.
Au cœur de l’histoire se trouve Vincent, un homme ordinaire, soudainement devenu la cible de violences inexplicables. Cette prémisse apocalyptique se transforme en une quête de survie, marquée par une série d’agressions physiques et psychologiques.
L’œuvre semble être une réinterprétation du film de zombie. Structuré en trois actes, le film se présente comme une bonne série B bien réalisée, tirant son élan d’un concept original qui alimente 1h45 de divertissement bien exécuté. D’autant plus que l’humour noir, judicieusement distillé tout au long du film, crée une légèreté bienvenue.
Vincent doit mourir se démarque également par son approche audacieuse, jonglant habilement entre les genres cinématographiques, se refusant toute classification restrictive. Cette liberté de ton témoigne de l’éclectisme cinéphilique du metteur en scène, nous rappelant par la même occasion le très bon Le Règne Animal sorti la même année.
La structure narrative du film rappelle le succès international de Parasite de Bong Joon-ho, soulignant la puissance de flirter avec les genres pour aborder la paranoïa qui peut s’installer chez un individu confronté à un ou plusieurs aspects sociétaux.
Le film entrelace des éléments burlesques et horrifiques, mais n’oublie pas de faire naître une romance simple et touchante entre Vincent et Margaux. Ce duo en cavale, accompagné de leur chienne, devient le reflet universel du social et de l’humain. Sans se baser sur un événement spécifique, Castang nous parle de l’idée que la société contemporaine semble en permanence à la limite de l’explosion, où les gens ne semblent attendre qu’un prétexte pour recourir à la violence. Cette romance est touche d’optimisme, et vient contrebalancer la paranoïa qui pourrait submerger un individu ne pouvant plus faire confiance à personne.
Le réalisateur Stéphan Castang poétise le désespoir dans un monde chaotique où l’amour demeure un phare dans l’obscurité.