Tarnation, de Jonathan Caouette, s’inscrit singulièrement dans le paysage du documentaire autobiographique. Cette singularité réside dans son montage, premier film à avoir été tourné sur le logiciel d’appel Imovie, mais l’originalité de ce long- métrage ne vient pas que de là.
Mais que signifie « Tarnation » ? Utiliser pour exprimer sa colère ou pour ajouter de l’emphase, pour éviter de dire damnation. Cet emphase, signifie une chose : damnation. Oui ? Mais de quoi ?
Tout d’abord, celle de Jonathan, qui depuis son plus jeune âge, se met en scène, se filme, pour essayer d’annihiler ses démons : sa famille, sa mère et lui-même. Ainsi, via ses enregistrements vocaux, ses collages, son journal vidéo, ses courts- métrages et les vidéos de lui et de sa famille. Jonathan avec toutes ses créations, se crée une forme de thérapie, lui qui vit dans un enfer éternel depuis qu’il a fumé deux joints, voire même bien avant avec sa mère. Cet enfer se retrouve dans la première partie du film qui ressemble à un cauchemar psychédélique avec un Jonathan qui cherche son identité, qui ne sait plus où il est, mais qui, grâce à tous ses projets, se délivre de sa colère, de sa damnation.
Tout sur Jonathan certes, mais également sur sa mère, deuxième personnage du film qui se révèle également fil conducteur de ce journal intime à deux. Mère fragile, abimée mentalement à cause de médicaments et d’électrochocs, mère aimante, malgré qu’elle soit ou qu’elle devienne une coquille vide, Renée aime son fils et sa famille. Ce qui fait le charme de ce film, ce sont ces scènes avec Caouette et sa mère, qui sont dures certes mais où tout est dit joliment et avec pudeur.
Bouleversant et intelligent, Tarnation est un de ces films dont nous ne ressortons indemnes. Huit ans plus tard, Caouette reprend la caméra, pour remontrer sa mère, dans Walk Away Renée.
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