UN CERTAIN CINEMA

[CRITIQUE] Le Règne Animal, de Thomas Caillet (2023)

Le cinéma fantastique français s’éveille…

Neufs ans après son premier long-métrage Les Combattants, Thomas Cailley reprend du poil de la bête, sans mauvais jeu de mots, et livre un film aussi ambitieux que généreux où les monstres ne portent pas de masques, mais arborent la véritable nature de la bête.

Avec son film Le Règne animal, Thomas Cailley souffle un vent de fraîcheur dans le cinéma fantastique français. Ce vent qui nous dresse les poils du dos, fait de ce film une œuvre osée et ambitieuse qui séduit tant par sa beauté plastique que par sa narration.

La scène d’ouverture annonce avec brio la couleur. Il est question d’un monde en proie à une vague de mutations transformant progressivement les humains en différents animaux. François (Romain Duris) s’engage corps et âme dans une lutte pour sauver sa femme, frappée par cette étrange mutation. En pleine liberté, les créatures peuplent la région et deviennent très vite un danger critique. François entraîne son fils de 16 ans, Émile (Paul Kircher), dans une chasse bouleversante à la recherche de sa femme, qui marquera à jamais le cours de leurs vies. 

Bien loin des mutants de X-Men, Thomas Cailley signe un film plus sensible et réaliste en plongeant le fantastique dans le réel. À la différence de films postapocalyptiques se déroulant dans un futur lointain, Le Règne animal fait advenir ses mutations fantastiques dans notre monde actuel. Ainsi, cet alliage entre la fiction et le réel participe à la création d’un univers unique en son genre, rarissime dans le paysage cinématographique français.

Romain Duris donne à son rôle de père, une incarnation forte et touchante qui porte le récit vers une quête physique, sensorielle et existentielle. Mais l’acteur Paul Kircher, son fils, porte lui aussi le récit. Révélation du film Le Lycéen de Christophe Honoré (2022), il dégage une énergie et une vitalité spéciale qui lui permet de susciter l’empathie du public tout en explorant les facettes les plus profondes de l’identité humaine et animale. Il est indéniablement un jeune talent à surveiller, capable de briller dans des rôles aussi singuliers que complexes. En revanche, l’actrice aux nombreuses récompenses Adèle Exarchopoulos a hérité quant à elle d’un rôle peu captivant qui vient freiner et gêner le rythme du récit.

Le Règne animal, fruit d’un travail acharné et de longue haleine, peut satisfaire aussi bien les amateurs de fantastique que les curieux en quête d’une expérience cinématographique rarement vu sur les écrans.

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